Un rugbyman argentin tué à Paris

Same­di 18 mars au matin, le rug­by­man argentin Fed­eri­co Aram­bu­ru a été vio­lem­ment agressé et tué de plusieurs balles de revolver devant un bar parisien du quarti­er Saint Ger­main, le Mabil­lon.

D’après le quo­ti­di­en région­al Sud-Ouest, qui rap­porte les faits dans son édi­tion du dimanche 20 mars, il s’a­gi­rait de l’is­sue trag­ique d’une alter­ca­tion avec deux clients du bar, qui serait revenus ensuite en voiture et armés, pour régler le dif­férent.

Fed­eri­co Aram­bu­ru, 42 ans, ancien joueur des Pumas, comme on appelle l’équipe nationale argen­tine, avait joué notam­ment dans les clubs français de Biar­ritz, Per­pig­nan et Dax, dans les années 2004 à 2010, et s’é­tait défini­tive­ment instal­lé à Biar­ritz avec sa femme et ses trois enfants. Il gérait avec un autre ami rug­by­man, le français d’o­rig­ine néo-zélandaise Shaun Hegar­ty, une agence de voy­ages spé­cial­isée dans les man­i­fes­ta­tions sportives.

La trag­ique nou­velle a égale­ment fait les titres des prin­ci­paux quo­ti­di­ens argentins ce week-end, on s’en doute, s’agis­sant d’un joueur par­ti­c­ulière­ment mar­quant de l’his­toire du rug­by local.

Mais si Pagina/12 en rend compte en suiv­ant les sources français­es, qui font état des soupçons de la police au sujet d’un sus­pect ancien mem­bre du GUD, (Groupe Union Défense) un groupe d’ex­trême-droite vio­lent act­if jusqu’en 2017, un cer­tain Loïk Le Pri­ol, Clarín en revanche décrit, à la manière de cer­tains jour­naux éta­suniens, un Paris, et plus spé­ci­fique­ment le quarti­er his­torique de Saint ger­main des Prés, en proie à la délin­quance la plus incon­trôlée :

Aram­bu­ru a été abat­tu à la sor­tie du bar “La Mabil­lon”, sur le Boule­vard Saint Ger­main à Paris, un quarti­er qui ces dernières années est devenu aus­si pop­uleux que dan­gereux. Il n’y est plus sûr d’y venir manger un ham­burg­er, comme le fai­saient autre­fois les habi­tants du quarti­er après la dernière séance de ciné­ma. On y voit main­tenant des gens de la nuit, liés à la pros­ti­tu­tion, des ban­des, des deal­ers (La phrase en gras l’est sur l’ar­ti­cle).

Il y est même ques­tion, sans doute pour don­ner à l’événe­ment un tour plus inquié­tant encore, d’un des sus­pects filmé par une caméra de sur­veil­lance, qui, affirme le quo­ti­di­en sans citer de source, serait “un Albanais du Koso­vo, mem­bre de cette com­mu­nauté de mafieux qui ont pris le con­trôle des trafics d’armes et de drogue, (…) craints de tout le monde et prin­ci­paux grossistes (sic) en drogue, armes et muni­tions en prove­nance de la guerre de Bosnie”.

Trem­blez, Parisiens et touristes : les bar­bares du Koso­vo font régn­er la ter­reur sur la cap­i­tale.

Il est néan­moins plus prob­a­ble qu’on soit en présence d’une hélas plus banale issue trag­ique d’une bagarre entre clients de bar, aux petites heures du jour. Fed­eri­co Aram­bu­ru s’en serait pris à la mau­vaise per­son­ne, un type con­nu pour ses accès de vio­lence,  et armé.

Dans cette affaire, une femme a sem­ble-t-il été arrêtée assez rapi­de­ment. Il s’a­gi­rait de la con­duc­trice du véhicule avec lequel les agresseurs seraient revenus sur les lieux de l’al­ter­ca­tion.

Que ce soit en France ou en Argen­tine, où Fed­eri­co Aram­bu­ru était unanime­ment appré­cié, l’af­faire a sus­cité une forte com­mo­tion.  Pour l’an­cien inter­na­tion­al français Dim­itri Yachvil­li, “Fédé était tou­jours posi­tif, plein d’en­train, en plus d’être un for­mi­da­ble équip­i­er, c’é­tait une belle per­son­ne”. Patrice Lag­is­quet, ancien entraineur de Biar­ritz, dit de lui “Le bon­homme était adorable, il avait tou­jours le sourire”. (Pro­pos recueil­lis par Sud-Ouest Dimanche).

En Argen­tine, même una­nim­ité. Le prési­dent de la fédéra­tion argen­tine de rug­by, San­ti­a­go Marot­ta, estime que le fait divers “affecte tout le rug­by argentin”. Celui de la Super Ligue Améri­caine de rug­by, l’U­ruguayen Sebastián Piñeyrúa, annonce pour les prochaines par­ties une minute de silence et le port d’un bras­sard noir par les équipes en présence. De son côté, Agustín Pichot, ex-cap­i­taine des Pumas, fera le voy­age à Paris pour soutenir la famille de celui qu’il a tou­jours con­sid­éré “comme un ami avec qui nous avons partagé des mil­liers de voy­ages et de match­es”. (Pro­pos recueil­lis par Pagina/12)

2 réflexions sur « Un rugbyman argentin tué à Paris »

  1. Mer­ci Patrick pour cet arti­cle qui com­plète les jour­naux français.
    Un ami Harem­boure, basque pour jus, (la bastide clairence) est il à l’o­rig­ine des aram­bu­ru argentins, ou bien plutôt côté basques espag­nols ?

    1. Aram­bu­ru est naturelle­ment un nom d’origine basque ! Beau­coup de Basques ont franchi l’Atlantique, notam­ment dans les années 1890–1910, péri­ode de forte émi­gra­tion vers l’Argentine. Quant à savoir si le pre­mier était un Harem­boure du nord, ou un Aram­bu­ru du sud, voilà qui dépasse large­ment mes con­nais­sances ! Reste que les Aram­bu­ru ne sont pas rares là-bas. Il y a même eu un général célèbre pour avoir fait chuter le grand Perón et pris le pou­voir de 1955 à 1958, Pedro Euge­nio Aram­bu­ru ! Autre célébrité d’origine basque : Hipól­i­to Yrigoyen, deux fois prési­dent (mais élu, lui !) entre 1916 et 1922, puis de 1928 à 1930. Lui-même ren­ver­sé par un autre général au nom basque : José Félix Uribu­ru !

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