Florilège de commentaires

Comme (je ne l’avais pas) promis, voici un petit flo­rilège de com­men­taires argentins d’après vic­toire.

Atten­tion, hein, il s’ag­it d’une sélec­tion, qui ne se pré­tend pas totale­ment représen­ta­tive de l’opin­ion argen­tine, je ne me suis pas appuyé la lec­ture de tous les com­men­taires sous les arti­cles de presse ! Oh oh !

Je vous fais grâce des cris de vic­toire, on est les meilleurs, c’est le plus beau jour de ma vie, l’Ar­gen­tine de Mes­si est la plus belle de tous les temps, nous sommes le plus grand pays de foot­ball du monde, etc… Il y en a plein, comme il y en aurait eu plein chez nous en cas de résul­tat inverse.

Au sujet de ce troisième titre, en revanche, on pou­vait s’at­ten­dre à l’inévitable com­para­i­son Maradona-Mes­si. Qui c’est le plus beau ?

Enfin on tourne la page Maradona. Un joueur extra­or­di­naire, mais un mau­vais exem­ple autant comme joueur que comme per­son­ne.

Ne mélan­geons pas les tor­chons et les servi­ettes ! Maradona était un grand joueur, mais un type détru­it par la drogue et l’al­cool. Com­ment peut-on le com­par­er à Mes­si, excel­lent joueur, hon­nête, sain, à l’e­sprit famil­ial ? Arrê­tons de les com­par­er, ça n’a aucun intérêt, à part pour les jour­nal­istes en mal de copie !

Les deux ont été mag­iques mais l’un dépasse l’autre en terme de dig­nité et d’éthique. Mes­si n’a pas mis de but de la main ni soutenu le gou­verne­ment en place, encore moins la dic­tature ni frayé avec le milieu. La sim­plic­ité et l’hu­mil­ité de Mes­si le gran­dis­sent et en font un exem­ple.

Comme Aimé Jacquet avant la vic­toire de la France en 1998, Mes­si avait été cri­tiqué par la presse argen­tine avant le tournoi. Cer­tains jour­nal­istes l’avaient même traité de “mol­las­son” (“Pecho frio”). Naturelle­ment, après la vic­toire, ils se pren­nent le boomerang en pleine fig­ure.

Je pro­pose que ceux qui ont médit de Mes­si et Scaloni (l’en­traineur) fassent un acte de con­tri­tion.

Et ceux qui ont traité Mes­si de mol­las­son ? Où ils sont ???

Je vous en passe des bien moins char­i­ta­bles, et surtout moins pub­li­ables…

Naturelle­ment, s’agis­sant de l’Ar­gen­tine, impos­si­ble de ne pas y mêler un peu de poli­tique. Le sport le plus pop­u­laire du pays n’échappe pas à la frac­ture poli­tique.

Fer­veur, mer de larmes, euphorie au cours d’une pré­ten­due fête qui s’est ter­minée dans la saleté et les dégra­da­tions sans le moin­dre respect pour les lieux inter­dits au pub­lic, des dégâts com­mis par des gens qui ont un bal­lon à la place du cerveau. Nous savons à quel courant poli­tique ils appar­ti­en­nent.

C’est une honte que ce soit l’équipe argen­tine qui donne de la joie au peu­ple, et non 40 ans d’une “démoc­ra­tie” qui a appau­vri , sociale­ment, finan­cière­ment et cul­turelle­ment le 7ème pays du monde en super­fi­cie, et le plus riche de tous.  (Oui, il y a des Argentins opti­mistes !)

La grande fête argen­tine, à laque­lle ne sont invités ni les cor­rom­pus ni les oppor­tunistes !

Il y a un moment qu’une grande par­tie de la pop­u­la­tion qui fait ses cours­es au super­marché n’a plus les moyens de rien y acheter. Les gens souf­frent, car il ne s’ag­it pas de luxe, mais de néces­sité. Alors, tout comme autre­fois les peu­ples de l’An­tiq­ui­té qui crevaient de mis­ère, ils sont sor­tis dans la rue hier pour agiter les dra­peaux et fêter la libéra­tion. Et celui qui avait rompu les chaines pour quelques heures était un type qui gagne plusieurs mil­lions de dol­lars par an. Un héros mod­erne. Un brave type, mari et père aimant. L’é­conomie de marché a décidé que ce gars qui ado­rait jouer au bal­lon serait le libéra­teur du XXIème siè­cle. Voilà notre époque.

Ah ! Et puis l’a­mi Christophe nous a par­lé hier des mau­vais­es manières, (en lan­gage sportif, on dit “cham­brage”) rap­portées par le Figaro, des joueurs argentins vis à vis de nos bleus, après la vic­toire. Cela n’a pas échap­pé à la sagac­ité des (rares) sup­port­ers argentins qui lisent la presse étrangère.

Ceux qui savent lire le français trou­veront dans Le Figaro d’au­jour­d’hui un com­men­taire sévère sur l’at­ti­tude mal élevée de Dibu Mar­tinez non seule­ment pour ses gestes obscènes trophée en main, mais égale­ment pour ses chants dans le ves­ti­aire. Et ce n’est pas un com­men­taire de mau­vais per­dant, c’est hélas vrai !

Voilà pour le seul avis “non chau­vin” trou­vé dans la presse d’hi­er. Qui s’est immé­di­ate­ment pris une volée de bois vert :

Bah, il n’y a que les Français pour pro­test­er con­tre les chan­sons de ves­ti­aire. Parce que vous croyez que ce sont des pucelles qui expri­ment toute leur joie can­dide en dansant ? Ils n’ont aucun argu­ment et ten­tent seule­ment de ternir la fête de joueurs qui don­nent libre cours à leur émo­tion. Les Argentins l’ont fait dans leur ves­ti­aire, qui est un lieu privé. Ils se sont scan­dal­isés quand  Mbap­pé a célébré le pénal­ty man­qué des Anglais ?

Ouais, ouais… il s’ag­it bien des Français. Ceux-là mêmes qui font les bien pro­pres sur eux, mais qui quand il s’ag­it de dis­crim­in­er, de con­quérir et de pol­luer la planète, ne le sont pas tant que ça, pro­pres. Ce qui n’en­lève rien à la mau­vaise atti­tude des Argentins en divers­es occa­sions, mais tant qu’à com­par­er…

PRIVE ! Seul Dieu a droit de regard sur la vie privée des hommes…Personne d’autre ! Ils ne man­querait plus qu’ils se glis­sent dans le lit des gens pour leur dire com­ment bien faire l’amour !

Une cri­tique qui ne va pas sans un poil de racisme, un biais large­ment partagé des deux côtés de l’At­lan­tique, hélas :

L’Ar­gen­tine a gag­né sa troisième étoile haut la main, en chal­lenger, sans joueurs accros à la drogue ni but de la main. Et en plus con­tre le ten­ant du titre, c’est à dire la France+l’Afrique, et mal­gré le chat noir rôdant dans les tri­bunes. Car­ton plein !

Cette his­toire de chat noir ne vient pas de nulle part. Lors de la seule défaite de l’Ar­gen­tine en qualif’, on avait vu s’af­fich­er l’an­cien prési­dent Mauri­cio Macri en tri­bune entouré de dig­ni­taires Qatariens. Il avait alors été la cible des rieurs qui l’avaient traité de porte-mal­heur. C’est resté. Du coup, après la vic­toire, et comme il était égale­ment dans le stade ce dimanche, ses sup­port­ers se ven­gent… aux dépens du nôtre, de prési­dent !

Macri chat noir ? Non, … Macron chat noir !

La vic­toire, jusqu’au bout !

 

 

 

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