Ezeiza : un témoignage direct

Manuel Sil­va a assisté à la man­i­fes­ta­tion d’Ezeiza le 20 juin. Il a bien voulu répon­dre à nos ques­tions.

Quel âge avais-tu en 1973 ?

En juin 1973 j’avais 22 ans, j’avais un boulot dans une usine de fab­ri­ca­tion de pâtes ali­men­taires, avec une famille gali­ci­enne. Je vivais dans le quarti­er de Flo­res­ta, à Buenos Aires. Je vivais chaque jour au présent, un présent per­pétuel, chao­tique et con­fus, je sen­tais que je n’avais pas d’avenir, l’écrasement social nous étouf­fait. J’attendais, comme le reste des gens, l’arrivée d’un sauveur, un homme capa­ble d’imprimer une autre direc­tion, de nous sor­tir de cet état de pau­vreté crois­sante, de nous don­ner un avenir, de favoris­er la mobil­ité sociale.

Quel était l’état d’esprit des gens, et le tien, dans la per­spec­tive du retour de Perón ?

Le peu­ple argentin vivait une sorte de naufrage, cha­cun cher­chait à agrip­per le pre­mier tronc d’arbre à sa portée, comme un sauve qui peut, le gou­verne­ment mil­i­taire avait été rem­placé par un den­tiste qui n’était qu’une mar­i­on­nette (Héc­tor Cám­po­ra, élu en rem­place­ment de Perón, encore pro­scrit, NDLA), l’évolution mil­i­tariste des organ­i­sa­tions sub­ver­sives aggra­vait le chaos, on en était à se dire « plus c’est pire, mieux c’est ».
L’arrivée d’un pos­si­ble homme fort, une sorte de messie longtemps atten­du – en uni­forme ou non, c’était égal – toutes les espérances se cristalli­saient dans l’image de ce général malade, avec un pronos­tic vital de 6 mois (Il souf­frait d’un can­cer de la prostate).
          1973 a été une année per­due, une année morte, un de mes frères fai­sait son ser­vice mil­i­taire, il avait 21 ans. Le 11 mars 1973, le jour de l’élection du doc­teur Cám­po­ra à la prési­dence, il par­tic­i­pait à un trans­port de troupes en direc­tion d’une école per­due dans les mon­tagnes, pour organ­is­er la garde d’un bureau de vote. Il a trou­vé la mort dans un acci­dent idiot, le tir acci­den­tel d’un sol­dat mal pré­paré à utilis­er son fusil, il est mort sur le coup.
          De mon côté, je n’avais pas encore ter­miné mes études, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Dès que j’ai pu chang­er de tra­vail, j’ai pu mieux m’organiser pour suiv­re mes cours du soir.
          La foule en général, les 2 mil­lions de per­son­nes qui s’étaient réu­nies à deux cents mètres de la tri­bune avaient tra­ver­sé le pays avec toutes leurs familles pour souhaiter la bien­v­enue au leader absent depuis 18 ans. La bucol­ique inten­tion de ces gens était de venir saluer chaleureuse­ment l’homme qui, autre­fois, avait réal­isé une révo­lu­tion redis­trib­u­tive, il leur avait don­né des maisons, des machines à coudre, des tracteurs, des jou­ets pour les enfants pau­vres, il avait per­mis le vote des femmes, lut­té con­tre les curés et les lab­o­ra­toires, il avait der­rière lui toute une his­toire, il était vu comme un saint. Il n’avait pour­tant que son passé à leur offrir.
          Le pays s’était réveil­lé avec ses espoirs en ban­doulière, un jour his­torique, de gloire : le général reve­nait après 18 ans d’exil.

Pourquoi voulais-tu assis­ter à cette man­i­fes­ta­tion ?

          Le lende­main je me suis demandé ce qui m’avait poussé à ris­quer ma vie de façon aus­si téméraire. A 22 ans, je me sen­tais immor­tel, et je voulais être à l’endroit pré­cis où avait lieu l’Histoire, où l’Histoire crée, à sa manière, les faits, je ne voulais pas les décou­vrir dans la presse, je voulais en être un témoin direct, le témoin finale­ment d’un drame argentin, j’ai été là, au milieu des balles et des fac­tions qui réglaient leurs comptes, une vraie tragédie.

Tu y es allé seul, ou avec des amis ou de la famille ?

          J’y suis allé seul. En fait, je n’ai pro­posé à per­son­ne de m’accompagner. Beau­coup de gens avaient peur d’assister à ce genre d’événements, ils préféraient voir ça de loin, à la télévi­sion.

Com­ment t’es-tu ren­du là-bas ?

          Je n’appartenais à aucun groupe, aucun par­ti poli­tique. Eux, ils arrivaient ensem­ble, en camions, en auto­cars, en voitures par­ti­c­ulières. Moi, j’ai sim­ple­ment pris un bus qui m’a amené jusqu’à la lim­ite de la ville, sur l’avenue du Général Paz (Sorte de périphérique de Buenos Aires, NDLA), puis un autre ensuite qui allait jusqu’à 3 km du lieu de la man­i­fes­ta­tion, sur l’autoroute Ric­chieri, près de l’aéroport. J’ai donc fait le chemin tout seul, sans même en par­ler autour de moi. De ma part, ça peut paraitre quelque chose à la fois d’un peu fou et d’imprudent, s’il m’était arrivé quelque chose, on se serait demandé ce que j’étais allé faire dans ce guêpi­er ! Mais ça ren­voie aus­si à quelque chose d’intime, quelque chose que je voulais vivre pleine­ment, parce qu’il s’agissait d’un événe­ment his­torique et que je voulais voir ça de mes pro­pres yeux, pas qu’on me le racon­te ensuite.

Tu con­nais­sais les prob­lèmes exis­tant entre Perón et les groupes révo­lu­tion­naires ?

          Dès la nou­velle du retour du leader, ont com­mencé à courir les rumeurs d’affrontements entre la jeunesse syn­di­cale, une frac­tion de la droite péro­niste et les organ­i­sa­tions péro­nistes révo­lu­tion­naires. On a appris que les ambu­lances prévues pour la man­i­fes­ta­tion ser­vaient en fait à trans­porter des armes.
          Je ne pen­sais pas que cela irait si loin, je me dis­ais que tout cela n’était que des bravades, une lutte sourde pour être le plus près pos­si­ble de Perón. Une lutte pour s’approprier la plus grande part du pou­voir. On se trompait. Perón n’avait jamais été un révo­lu­tion­naire, il n’allait pas le devenir à l’âge qu’il avait lors de son retour.
          La clique qu’il avait ramenée d’Espagne s’est assuré le con­trôle de la tri­bune et de ses alen­tours. Le lieu depuis lequel le leader devait s’adresser à la foule était en quelque sorte miné. Rien ne s’est passé comme l’espéraient les gens. Tout s’est résumé à une pluie de balles, de gaz, de cours­es affolées, de mort et de peur.
          Le lende­main, Perón a par­lé, pour rejeter la respon­s­abil­ité de ce qui s’était passé sur les mou­ve­ments de gauche, qu’il accu­sait d’avoir tiré les pre­miers.

Quel était le but de la man­i­fes­ta­tion ?

          Cette man­i­fes­ta­tion présen­tait des objec­tifs nom­breux et con­tra­dic­toires, il s’agissait pour les dif­férentes fac­tions – essen­tielle­ment deux – d’exposer le degré d’influence qu’elles avaient acquis en l’absence de Perón. Les com­man­dos armés par López Rega, dirigés par le colonel Osinde, avaient monop­o­lisé l’occupation de la tri­bune et de ses alen­tours proches, et ils ont accueil­li par un feu nour­ri les groupes du péro­nisme com­bat­if, notam­ment les colonnes des FAR et des Mon­toneros, cet affron­te­ment démen­tiel a fait beau­coup de morts, cer­tains citent le chiffre de 200, d’autres dis­ent davan­tage, on n’a jamais eu de décompte exact.

Que s’est-il passé au moment où devait débuter la man­i­fes­ta­tion pop­u­laire?

          J’étais là, j’ai suivi les affron­te­ments, enten­du le sif­fle­ment des balles tout autour, je m’étais mis à l’abri der­rière un tronc d’arbre, un cho­risi­er, à un moment j’ai vu une femme paniquée avec une fil­lette de 5 ans à peu près, immo­bil­isée au milieu des tirs, je l’ai attrapée par les cheveux, je l’ai tirée jusqu’au tronc pro­tecteur, me deman­dant com­ment sor­tir de là, j’ai aperçu une ambu­lance sur l’autoroute d’Ezeiza, qui roulait au milieu des gens hagards, je suis mon­té sur le terre-plein, d’un saut je me suis accroché à l’arrière de l’ambulance, sans m’occuper des jurons des ambu­lanciers, et quand la voiture a été assez loin de cet enfer et qu’elle a com­mencé à ralen­tir, j’ai lâché prise. A ce moment là, je n’avais pas encore con­science d’avoir échap­pé à la mort.

Ensuite, lorsque tout a été fini, quelles ont été tes réflex­ions sur ce qui avait eu lieu ?

          J’ai été le témoin incon­scient de retrou­vailles qui n’ont pas eu lieu, le grand leader n’est pas apparu, pour la plus grande frus­tra­tion du peu­ple mobil­isé, c’est seule­ment la mort qui s’est présen­tée au ren­dez-vous.            C’était le début d’une lutte sourde pour le pou­voir. A qui apparte­nait le leader péro­niste ? Entre ten­dance de gauche et ten­dance de droite, Perón est resté cohérent avec son his­toire : il a choisi la fac­tion la plus réac­tion­naire.

Com­ment ont réa­gi les Argentins après cette tragédie ?

          Il y avait une cer­taine stu­peur. Les gens étaient venus sim­ple­ment, sans avoir rien cal­culé de pré­cis, juste pour accueil­lir le leader, lui souhaiter la bien­v­enue. Con­traire­ment aux mil­i­tants, ils n’avaient pas d’objectifs poli­tiques ou stratégiques, bien enten­du, ni de place à pren­dre dans cette man­i­fes­ta­tion. Deux jours après, la grande presse annonçait la prochaine élec­tion prési­den­tielle, pour laque­lle Perón devait se présen­ter, avec sa pro­pre femme comme vice-prési­dente, et tout son cer­cle proche, López Rega, etc… Tout le monde n’était pas con­tent, notam­ment les mil­i­tants les plus à gauche du mou­ve­ment péro­niste, mais la grande masse des gens était néan­moins heureuse du retour de Perón aux affaires, en dépit des con­di­tions dans lesquels il repre­nait le pou­voir. Ce qui comp­tait, c’était Perón, avant tout. Ils le voy­aient comme le sauveur du pays, celui qui pou­vait le remet­tre sur les bons rails, parce qu’ils l’avaient vu à l’œuvre dix-huit ans aupar­a­vant. Ils ne pen­saient pas à la révo­lu­tion, à l’idéologie, ça, c’est pour l’avant-garde, les mil­i­tants.  Non, les gens ordi­naires, ils réagis­saient avec leurs tripes, leur émo­tion, Perón représen­tait tout pour eux. Alors la vie a repris, les gens se sont «arrangés», puis la pro­pa­gande a fait le reste : Perón a été élu con­fort­able­ment.

Les mou­ve­ments révo­lu­tion­naires ont aus­si leur part de respon­s­abil­ité dans ce qui s’est passé. Qu’en pens­es-tu ?

          Les groupes révo­lu­tion­naires, à Ezeiza, et avant, avaient pour objec­tif de semer le chaos. Leur leit­mo­tiv était « Cuan­do peor, mejor » (Pire c’est, mieux c’est) C’était une phrase qu’ils écrivaient partout. Ils cher­chaient à appro­fondir la crise de gou­verne­ment, pour s’emparer du pou­voir. Ils avaient d’abord cher­ché à ren­vers­er le gou­verne­ment mil­i­taire, à affron­ter l’armée, dans une ten­ta­tive pour­tant sans le moin­dre espoir de réus­site : des jeunes types de la classe moyenne, d’éducation chré­ti­enne, qui n’avaient aucune for­ma­tion mil­i­taire, aucune com­pé­tence dans ce domaine, face à des pro­fes­sion­nels de la guerre. C’est pourquoi, faute de pou­voir lut­ter frontale­ment, ils se sont lancés dans une cam­pagne de type guéril­la, en organ­isant des atten­tats tous azimuts, rési­dences de mil­i­taires, écoles, com­mis­sari­ats, casernes, pour entretenir un sen­ti­ment de peur, de ter­reur, et affirmer leur capac­ité de nui­sance et leur force. L’événement fon­da­teur de cette poli­tique du pire a été l’assassinat du général Pedro Aram­bu­ru, en 1970. A par­tir de ce moment-là, la guerre totale a été déclarée entre les forces révo­lu­tion­naires et l’armée.

Quelles ont été les con­séquences immé­di­ates d’Ezeiza sur le plan poli­tique?

          Le péro­nisme a tou­jours fonc­tion­né comme un pop­ulisme dém­a­gogique. Tant que Perón a été là, il a été imbat­table dans les urnes. Il s’est appuyé sur un syn­di­cal­isme presque irra­tionnel, qui le soute­nait. Face aux bombes, aux enlève­ments, aux vols, aux morts provo­quées par les groupes guérilleros, qui menaient la guerre pop­u­laire, Perón par­lait d’une com­mu­nauté organ­isée. Des rap­ports de force exis­taient cepen­dant entre une ten­dance révo­lu­tion­naire du péro­nisme, et le péro­nisme «syn­di­cal», ce dernier ten­ant néan­moins les rênes du mou­ve­ment. Perón avait un pro­gramme social de redis­tri­b­u­tion des richess­es, d’amélioration de la con­di­tion ouvrière, d’ordre, d’efficacité, mais par­al­lèle­ment les groupes révo­lu­tion­naires mil­i­taient pour un social­isme nation­al, une notion assez vague, qu’ils pré­tendaient définir à tra­vers la ter­reur. Perón, quant à lui, en tenait pour sa com­mu­nauté organ­isée, inté­grée, démoc­ra­tique, mod­erne. La frac­ture défini­tive (entre les deux ten­dances) a eu lieu en sep­tem­bre 1973, quand les Mon­toneros ont assas­s­iné José Ruc­ci, un dirigeant syn­di­cal, secré­taire général de la CGT, très proche de Perón, qui était même dans l’avion qui l’a ramené à Buenos Aires. (Une petite anec­dote pour mieux éval­uer le degré d’intimité entre les deux hommes : à la descente de l’avion, comme il pleu­vait, Ruc­ci tenait un para­pluie au-dessus de la tête du général!) Jamais Mario Fir­menich (leader des Mon­toneros NDLA) n’a pu expli­quer l’énorme con­tra­dic­tion con­sti­tuée par cet assas­si­nat, sinon par la volon­té de mon­tr­er toute la force du mou­ve­ment, et son pou­voir de nui­sance. La réac­tion de Perón, fin 1973, a été la créa­tion de la Triple A, dirigée par le com­mis­saire Vil­lar, for­mé à la guerre con­tre-révo­lu­tion­naire par la fameuse école des Amériques, une école mil­i­taire Etat­suni­enne. Après la mort de Perón (juil­let 1974, NDLA), l’armée a com­mencé à for­mer des plans pour ren­vers­er le gou­verne­ment qui lui avait suc­cédé (dirigé par l’épouse du général, «Isabeli­ta» NDLA). De son côté, l’ERP (Armée révo­lu­tion­naire du peu­ple), avait com­mis un atten­tat con­tre une caserne, à Azul, en jan­vi­er 74, ce qui avait poussé Perón à réclamer l’anéantissement des groupes révo­lu­tion­naires. Ce déchaine­ment de vio­lence a mené à une totale perte de con­trôle, de la part de tout le monde, gou­verne­ment, révo­lu­tion­naires, mil­i­taires, et à la dic­tature, avec son cortège d’exactions d’état, assas­si­nats ciblés, vols d’enfants, atteintes à la pro­priété privée.

Et sur toi-même ? Quelle influ­ence a eu cette tragédie sur ce que tu pens­es aujourd’hui du péro­nisme, et de la poli­tique en général ?

          Le sen­ti­ment dom­i­nant, c’était la stu­peur face à ce qui était arrivé, auquel on ne s’attendait pas, cet affron­te­ment sans pitié entre deux frac­tions qui se fichaient pas mal des gens qui étaient là, une grande désil­lu­sion, qui lais­sait seul face à cela, sans aucune envie de rejoin­dre l’un ou l’autre camp. Quelque chose que ne com­pre­nait pas mon frère qui, lui, mil­i­tait. Nous nous sommes brouil­lés à ce moment-là, je n’ai même pas assisté à son mariage, je l’incitais au con­traire à fuir, au Brésil, au Paraguay, dans un pays frontal­ier… Il ne m’a pas écouté, et un mois plus tard, il était porté dis­paru. Tout cela m’a beau­coup changé, je ne pou­vais plus croire en rien, ni per­son­ne. Je me suis replié sur moi-même, et pour sur­mon­ter cela, j’ai dû tra­vailler davan­tage, lire davan­tage, vol­er de pré­cieuses min­utes au som­meil, pour devenir quelqu’un d’autre. A cette époque je pre­nais encore des cours du soir. Un soir, en sor­tant, j’ai vu tout un groupe de gens alignés con­tre le mur, je ne pou­vais plus rebrouss­er chemin sans que cela paraisse sus­pect, j’aurais prob­a­ble­ment pris une rafale de mitrail­lette, alors je me suis approché douce­ment, et j’ai crié «Je peux pass­er ?», le type qui tenait l’arme m’a répon­du «prends le trot­toir d’en face !». Je suis ren­tré chez moi, tétanisé, je n’ai pas pu dormir de la nuit. Je me suis ren­du compte de com­bi­en j’étais seul, que face à cette dom­i­na­tion mil­i­taire qui s’emparait du pays, on était devenus des pots de terre.
          Ezeiza a changé entière­ment ma manière de penser, toutes mes per­spec­tives de vie. J’avais assisté depuis l’intérieur à un événe­ment his­torique, et vu com­ment deux camps opposés s’étaient affron­tés sans aucun état d’âme envers tous les gens qui étaient venus là désar­més, juste pour apercevoir le leader, cer­tains étaient même grim­pés aux arbres, et depuis la tri­bune, Favio leur cri­ait de descen­dre, sous peine d’être abat­tus par les francs tireurs ! En ren­trant de là, j’ai sen­ti un grand vide. On se sen­tait orphe­lins. A quoi pou­vait servir le leader ? S’il était venu pour ça, pour provo­quer un affron­te­ment, une guerre interne au mou­ve­ment, alors, c’était juste un leader « chao­tique », moi j’attendais quelqu’un venu pour par­ler de pro­grès, de paix, d’avenir meilleur, et je n’avais rien vu de tout ça. D’une cer­taine manière, Ezeiza m’a mar­qué au fer rouge, je n’ai plus cru en rien, je suis devenu intolérant aux dis­cours des uns et des autres, à leur esprit mil­i­tant, cela m’était étranger, ne m’intéressait pas, je ne ressen­tais aucune émo­tion devant les réc­i­ta­tions de dis­cours de Marx, ou de n’importe qui d’autre, ça ne me touchait pas. Voilà ce que fut, pour moi, l’expérience d’Ezeiza.

Pro­pos recueil­lis et traduits par PV. Juin 2021.

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