4 mai 2021. La France rend le butin !

          Selon Pagina/12 du 4 mai 2021, la France va restituer à l’Argentine les restes mor­tu­aires d’un chef Tehuelche, qui avaient été dérobés, en même temps que près de 1400 autres objets de divers­es natures, par le Comte De La Vaux entre mars 1896 et juil­let 1897, dans le sud argentin.
          Ces restes de Liem­pichún Saka­ma­ta, com­prenant son squelette, mais égale­ment divers objets se trou­vant dans sa sépul­ture, étri­ers, pen­den­ti­fs, pièces d’argent, ont été exposés au Musée de l’Homme à Paris jusqu’en 2009, avant d’être relégués à la réserve du musée.
          «C’est un pas impor­tant vers la répa­ra­tion his­torique des dom­mages causés à nos com­mu­nautés», a com­men­té l’anthropologue de L’institut Nation­al des Affaires indigènes, Fer­nan­do Miguel Pepe, qui a soutenu depuis 2015 la demande de la com­mu­nauté Tehuelche. «Mais cette vic­toire est essen­tielle­ment l’œuvre des peu­ples pre­miers, lesquels n’ont cessé de se bat­tre pour que soit recon­nu ce droit humain uni­versel qu’est celui de pou­voir don­ner une sépul­ture à leurs ancêtres telle que leur dicte leur cos­mo­vi­sion».
          Pagina/12 relève que la resti­tu­tion antérieure, par la France, des crânes de 24 Algériens assas­s­inés pen­dant la bataille qui a con­duit à la prise de Zaatcha par le général Her­bil­lon en 1849, aura con­sti­tué un précé­dent favor­able.
          Ces resti­tu­tions, tout comme celle, aus­si récente, des biens cul­turels dérobés pen­dant les guer­res colo­niales au Bénin et au Séné­gal, mar­que un net change­ment dans la poli­tique française par rap­port à ce prob­lème. Notre pays s’est très longtemps mon­tré plus que rétif, invo­quant hyp­ocrite­ment, comme le fai­sait par exem­ple l’ancien pre­mier min­istre Jean-Marc Ayrault , «l’inaliénabilité des œuvres détenues par les musées nationaux». Ou encore, le dan­ger qu’il y avait à restituer des œuvres qui, argu­men­tait-on, seraient bien mieux con­servées en France que dans leur pays d’origine. En somme, le voleur pré­ten­dant que les biens volés étaient finale­ment dans de meilleures mains que celles de leur légitime pro­prié­taire !
          Les Tehuelch­es, appelés égale­ment Aonikenk, sont un peu­ple de Patag­o­nie, dont le ter­ri­toire s’étend sur deux pays, l’Argentine et le Chili. S’ils ont pra­tique­ment totale­ment dis­paru de ce dernier pays, un recense­ment de 2010 éval­ue leur pop­u­la­tion en Argen­tine à 28 000 env­i­ron, dont une par­tie métis­sée avec une autre com­mu­nauté indi­enne, les Mapuch­es. La plu­part vit actuelle­ment dans la province de San­ta Cruz, con­nue pour ses immenses glac­i­ers andins.

Répar­ti­tion des peu­ples indigènes — Source : Wikipedia.org
Les langues indi­ennes — Source : wiki com­mons

Voir égale­ment sur ce blog, sur le sujet des peu­ples indigènes :
La con­quête du désert.

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