20 juin 1973 : le massacre d’Ezeiza

(NB. Les trois arti­cles et l’in­ter­view qui com­posent ce chapitre de l’his­toire argen­tine ont été pub­liés le 20 juin 2021, à l’oc­ca­sion du 48ème anniver­saire de l’événe­ment décrit)

Il y a exacte­ment 48 ans jour pour jour, avait lieu à Buenos Aires ce qui devait con­stituer la plus grande fête pop­u­laire de l’his­toire poli­tique argen­tine, et qui s’est trans­for­mée en une ter­ri­ble et sanglante tragédie, prélude à l’une des plus féro­ces dic­tatures du XXème siè­cle.

Le 20 juin 1973, le général Juan Perón, qui avait présidé le pays de 1946 à 1955 avant d’être ren­ver­sé par un coup d’é­tat mil­i­taire, puis exilé et pro­scrit pen­dant dix-huit ans, était autorisé à ren­tr­er. Deux mois aupar­a­vant, son représen­tant, Héc­tor Cám­po­ra, a été élu prési­dent de la république. Mais dans l’e­sprit de l’im­mense majorité des Argentins, le seul vrai prési­dent, c’est Perón. Dans un pays en proie au chaos, au bord de la guerre civile, il est atten­du comme le messie, seul capa­ble de rétablir l’or­dre et la prospérité.

Pour célébr­er son retour, ses par­ti­sans organ­isent une vaste man­i­fes­ta­tion d’ac­cueil, à côté de l’aéro­port inter­na­tion­al de la cap­i­tale fédérale, l’aéro­port d’Ezeiza. S’y ren­dent entre deux et trois mil­lions d’Ar­gentins. Mais rien ne va se pass­er comme prévu.

Dans chapitre, nous étudierons tout d’abord, briève­ment, le con­texte poli­tique de l’époque. Puis nous exam­inerons plus en détails les faits qui se sont déroulés pré­cisé­ment le 20 juin, ain­si que les caus­es qui ont con­duit au déchaine­ment de vio­lence gâchant la fête. Enfin, nous don­nerons à lire le témoignage que nous avons recueil­li auprès de Manuel Sil­va, qui avait 22 ans en 1973 et était présent sur les lieux de la man­i­fes­ta­tion.

 

BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE

Ver­bit­sky, Hora­cio — Ezeiza — Ed. Con­tra­pun­to — 1985

Fein­mann, José Pablo — Per­o­nis­mo, filosofía de una per­sis­ten­cia argenti­na (Tome II) —  Ed. Plan­e­ta — 2011

Rouquié, Alain — Le siè­cle de Perón — Chapitre 3 : l’ex­il et le roy­aume — Ed. du Seuil — 2016

Novaro, Mar­cos — His­to­ria de la Argenti­na, 1955–2010 — Chapitre 5 : Du “print­emps des peu­ples” à l’empire de la ter­reur — Ed. Siglo vein­tiuno — 2011

Lafage, Franck — L’Ar­gen­tine des dic­tatures — Chapitre IV : l’Ar­gen­tine des années aveu­gles, 1966–1976 — Ed. L’Har­mat­tan — 1991

Robin, Marie-Monique — Escadrons de la mort, l’é­cole française — Ed. La Décou­verte — 2004 (Voir égale­ment en vidéo)

EN VIDEO

L’ex­cel­lent et com­plet doc­u­men­taire présen­té par Román Lejt­man, datant de 2011, tiré de la série “Doc­u­men­ta”. Tout en images d’archives et en témoignages de par­tic­i­pants à l’événe­ment, notam­ment le mil­i­tant de la Jeunesse péro­niste Jorge Taiana, les écrivains Martín Caparrós et Eduar­do Angui­ta, ain­si que le jour­nal­iste Eduar­do Tar­nas­si.

Le doc­u­men­taire de Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’é­cole française, qui dévoile les rela­tions étroites entre cer­tains officiers d’In­do­chine et d’Al­gérie et l’Ar­mée argen­tine, ain­si que leur rôle de “con­seillers en guerre anti-sub­ver­sive”.

AUDIO

Un épisode de la série radio­phonique “His­to­rias de nues­tra his­to­ria” sur Ezeiza. Par l’his­to­rien Felipe Pigna.

 

 

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